Histoire d'Assier


Le territoire Assier a attiré les hommes depuis les temps les plus reculés. Trois dolmens et des tumuli sont visibles sur les terrains calcaires du causse, à l'est du bourg.

 

Les dolmens autour d'Assier ont été extraits de strates épaisses de calcaire. Ils se trouvent sur le causse de Gramat et ont été vidés de leur contenu par le passé.

  • Dolmen du Bois des Bœufs: il est recouvert d'une table de 3,7 mètres de long, 2,6 de large et 0,3 d'épaisseur, soit une masse approximative d'environ 8 tonnes. Cette dalle de couverture repose sur deux orthostats de longueur environ 3 m. et 0,6 m. de haut. Classé monument historique depuis 1889.
  • A 200 mètres du précédent, le dolmen de Garibals: table de 2,3 mètres de long, 2 de large et 0,3 d'épaisseur, reposant sur deux orthostats de longueur inégale: 2,9 et 2,3 mètres. Ce dolmen a été inclus dans un mur en pierre sèche.
  • Dolmen de la Table de Roux: table de 3,3 mètres de long, 2,5 de large et 0,3 d'épaisseur, posée sur deux orthostats de longueur 4 mètres.

Quatre autres dolmens et un menhir étaient également présent au nord-ouest du village, dans le hameau de Mons au lieu dit "le champ de Belair". Au moins deux de ces dolmens sont encore visibles aujourd'hui. Le menhir avait été enlevé par le passé mais à été replacé à plat à proximité de son emplacement originel par le propriétaire du terrain.

 

 

Dolmen du bois des Boeufs
Dolmen du bois des Boeufs
Dolmen de Garibals
Dolmen de Garibals
Dolmen de la table de Roux
Dolmen de la table de Roux

La Renaissance

La Renaissance a su imposer son empreinte hérité du Moyen âg et du XIXeme siècle. De par ses joyaux architecturaux, le village est en effet un témoignage exemplaire de la diffusion de l'art de la Renaissance hors du Val de Loire.

L'on doit cette exception à la présence de Galiot de Genouillac, qui obtient en 1517 la charge de Sénéchal du Quercy, faisant ainsi de lui le représentant direct du roi François 1er dans la province. Désireux de construire  un édifice à la hauteur de son rang et de sa gloire, influencé par l'architecture italienn, il entame en 1524 la construction d'un château d'un art nouveau, qui fera l'admiration de ses contemporains.L'édification d'une église monumentale, conçue pour être son lieu de sépulture, complètera cette oeuvre. 

Dans le village, de vastes constructions annexes au château sont toujours visibles : les grandes et les petites écuries, les abattoirs, le pigeonnier. En outre, de nombreuses maisons d'Assier recèlent en leurs murs des vestiges du château, dont l'essentiel des pierres fut démonté et vendu, mais aussi récupéré dans l'architecture locale 


L'église

Edifiée vers 1540, elle abrite le tombeau ouvragé de Galiot de Genouillac, au sein d'une chapelle funéraire couronnée d'une remarquable voûte en  " toile d'araignée " à seize branches. Ceinturant tout l'édifice, une frise extérieure unique en son genre célèbre la carrière du maître des lieux. De larges pannaux sculpés révèlent devises, scènes de batailles, blasons... Un document exceptionnel sur l'art de la guerre au début du XVIeme siècle.


Le pigeonnier

Exceptionnel par sa taille et la qualité de sa construction, ce pigeonnier d'aspect seigneurial fut une dépendance du château. Destiné à recueillir les déjections des pigeons, il abrite plus de 2 300 nichoirs. Symbole de puissance et de richesse, le pigeonnier sera au XIXeme siècle un élément important de l'architecture rurale.


Le château

Construit entre 1520 et 1540, ce château est l'un des premiers témoignages de l'art de la Renaissance en Quercy. Ses tours d'angle en dôme, ses ouvertures finement travaillées, la richesse des frises et des sculptures sont directement inspirés des modèles du Val de Loire. Négligé par ses derniers propriétaires, il sera dépeccé pour la vente de pierres. Seule sa façade épargnée, classée en 1841, témoigne de sa magnificence.


La halle

Assier est aussi un village qui témoigne largement de la vie rurale des XVIIIeme et XIXeme siècle : pigeonniers accolés aux maisons, granges, monumentales... Au centre, la halle fut un lieu séculaire de commerce et un espace social important, où se rencontraient les habitants de la paroisse.


Galiot de Genouillac

Issue d'une vieille lignée de marchands de Gourdon, les Ricard, la famille de Genouillac connut sa première personnalité nationale en 1479, avec un premier Galiot qui obtient du roi la charge, novatrice à l'époque, de maître de l'artillerie de France. Ce début à la Cour servit certainement son neveu, Jacques de Genouillac, surnommé à son tour Galiot, qui exerce dés 1491 les fonctions d'écuyer du roi. Cette responsabilité de confiance l'amène ensuite à des charges importantes, politiques et militaires.

Mais c'est en 1494 que débute son heure de gloire, quand il aurait sauvé la vie du roi Charles VII à Naples. Vérité ou légende, la réputation de Galiot ne cesse de croître et il devient en 1512 grand maître de l'artillerie, des mains du roi Louis XII. En 1515, aux côtés de François 1er, il part à la conquête des riches territoires de Milan et contribue grandement au succès de la bataille de Marignan.

Nommé Sénéchal du Quercy, puis Grand écuyer de France,  Lieutenant général de Guyenne et gouverneur du Languedoc, il accumule une profusion de titres et connaît une vie de gloire que résume bien sa devise personnelle : "J'aime fortune".